Depuis sa création en 2021, Guerrières s’impose comme un festival féministe incontournable, offrant une scène libre aux voix féminines et non-binaires. À Mons, du 8 au 18 avril 2026, Mars arts de la scène accueille la 6e édition d’un événement où théâtre, danse, expositions et concerts s’entremêlent pour questionner les rapports de pouvoir, le droit à disposer de son corps et la lutte pour l’égalité des sexes. Cette année, la programmation met à l’honneur l’actrice française Adèle Haenel, invitée pour une lecture-spectacle autour de Monique Wittig. Autour de ce temps fort, la scène se fait tribune : récits d’inceste, danses de résistance, récits intimes et explorations artistiques se succèdent, portés par une énergie urbaine et un engagement sans concession. Sous les clichés, le féminisme se révèle pluriel, inclusif et résolument contemporain, au cœur d’une culture qui bouscule normes et préjugés.
En bref
- 6e édition du festival Guerrières à Mons du 8 au 18 avril 2026.
- Temps fort : lecture-spectacle d’Adèle Haenel autour de Monique Wittig.
- Plus de 50 représentations : théâtre, danse, concerts, expositions et soirées.
- Mise en lumière de récits intimes (inceste, traditions, sororité) et de performances engagées.
- Interventions de collectifs féministes (DameChevaliers, Habibitch, Kapi Kapinga Grab).
- Parade inclusive “Les Guerrièr(e)s de demain” et ateliers participatifs.
- Rencontres littéraires, concerts urbains et sessions “avant” et “après” pour prolonger le débat.
Guerrières !, festival féministe pionnier dans la scène urbaine
Depuis ses débuts en 2021, Guerrières revendique sa nature de festival féministe “par nécessité”, selon Bérengère Deroux, directrice artistique. Son originalité réside dans la volonté de donner la parole à des projets souvent exclus du milieu artistique traditionnel, largement dominé par les hommes. À Mons, la sixième édition se déploie dans plusieurs lieux de Mars arts de la scène, créant un parcours immersif où chaque espace révèle une dimension du combat pour l’égalité des sexes et la libération des corps.
La programmation se veut pluridisciplinaire : du théâtre documenté au concert hybride, en passant par des expositions de street art et des performances chorégraphiques. Ce maillage artistique reflète la diversité des esthétiques urbaines, du graffiti à la musique rap en passant par la mode streetwear. L’enjeu est double : offrir des spectacles audacieux et engager le public dans une réflexion collective.
La soirée d’ouverture, “La Nuit se lève” de Mélissa Zehner, illustre parfaitement l’esprit du festival : un objet scénique lumineux et engagé, qui aborde un tabou majeur, l’inceste, en mêlant témoignages, chiffres et instants poétiques. À travers le parcours de cinq amies réunies pour rendre hommage à une victime, la pièce dévoile la puissance du récit intime pour révéler les dysfonctionnements sociétaux.
En parallèle, les ateliers “avant” et “après” offrent un espace de discussion avec les artistes, favorisant le dialogue direct. Les conférences littéraires explorent quant à elles la pensée de pionnières comme Monique Wittig ou Audre Lorde, posant les jalons d’un combat féministe historique et contemporain.
La programmation musicale n’est pas en reste : des concerts de Mathilde, révélée par The Voice, côtoient des DJ sets urbains, témoignant de l’ancrage du festival dans la culture jeune et alternative. En fil rouge, la parade “Les Guerrièr(e)s de demain” transforme les rues de Mons en un défilé festif et inclusif, où chacun·e est invité·e à rejoindre le cortège.
Derrière son énergie festive, Guerrières porte un message de fond : l’autonomie, la sororité et la liberté d’expression. Chaque projection, chaque chorégraphie ou performance visuelle alimente un dialogue sur la sexualité, le genre et le pouvoir. Insight : le festival crée un écosystème où l’art devient un véritable levier d’émancipation et de transformation sociale.
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Adèle Haenel, figure de proue du féminisme au cinéma
Invitée d’honneur de l’édition 2026, Adèle Haenel incarne à elle seule l’alliance entre cinéma engagé et féminisme radical. Depuis son engagement précoce sur les planches et l’écran, l’actrice française s’est imposée comme une voix singulière, refusant de se plier aux codes traditionnels d’Hollywood et de l’industrie hexagonale.
Son parcours est jalonné de rôles intenses (La Cérémonie, Portrait de la jeune fille en feu) et d’un départ volontaire du grand écran en 2020, geste perçu comme un acte d’intégrité et de rupture avec un système patriarcal. Son tribune dans Libération avait alors été saluée comme un manifeste, appelant à repenser les rapports de pouvoir en coulisses.
Le 11 avril, Adèle Haenel investira la scène pour “Voir clair avec Monique Wittig”, lecture-spectacle en duo avec la musicienne Caro Geryl. Les deux complices, membres du collectif DameChevaliers, proposeront une traversée du recueil La pensée straight. Assises autour d’un feu imaginaire, elles fusionnent poèmes, analyses et anecdotes personnelles autour du patriarcat, de la binarité de genre et de l’hétéronormativité.
L’héritage de Monique Wittig
Monique Wittig (1935-2003) fut une pionnière du Mouvement de libération des femmes et du lesbianisme radical. Par son écriture subversive, elle interrogeait les catégories de genre et appelait à déconstruire le langage comme outil de domination. Sa pensée, revisitée par Haenel, prend une dimension sensible et actuelle, éclairant les mécanismes invisibles qui façonnent les normes sociales.
De l’écran à la scène
Ce passage du cinéma au théâtre personnel révèle la dimension militante de l’artiste. En croisant Wittig avec les écrits de Sarah Ahmed, Audre Lorde et Elsa Dorlin, le spectacle offre une réflexion multidimensionnelle, où la performance devient outil de connaissance de soi et de critique sociale.
La présence d’Adèle Haenel à Mons souligne la capacité de Guerrières à attirer des voix majeures du féminisme contemporain. Son intervention promet d’être un moment de partage et d’engagement, ancré dans la culture urbaine et l’actualité sociétale.
Insight : la trajectoire d’Adèle Haenel démontre que le cinéma peut devenir un terrain de lutte, où l’actrice est à la fois créatrice, témoin et militante.
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Programmation audacieuse : spectacles et performances qui bousculent
La force de Guerrières réside dans sa capacité à proposer des œuvres hybrides, situées à la croisée du documentaire, de la danse et du théâtre. Chaque création interroge un angle particulier du combat féministe et s’ancre dans les réalités urbaines contemporaines.
Temps forts et innovations
- 8 avril : “La Nuit se lève” de Mélissa Zehner, récit lumineux autour de l’inceste.
- 9 avril : “Laissez-moi danser” de Nadia Ghadanfar, exploration des récits de femmes du monde arabe.
- 9 avril soir : Habibitch présente “Décoloniser le dancefloor”, conférence dansée sur le racisme systémique.
- 11 avril : Adèle Haenel & Caro Geryl, “Voir clair avec Monique Wittig”.
- 11 avril : “Elles se sont méfiées du loup…” d’Éline Schumacher et Sarah Hebborn.
- 14 avril : “Épuiser le soleil” d’Héloïse Ravet, témoignage intime sur la toxicomanie.
- 14 avril : “La Grande Nymphe” de Lara Barsacq, performance sur l’érotisation du corps féminin.
- 15-17 avril : Yasmine Laasal dans “Défaut d’origine”, questionnement identitaire.
- 18 avril : “Beauty Salon” de Kapi Kapinga Grab, pièce de danse-théâtre autour des microagressions en salon afro.
Ces propositions s’articulent autour de thématiques fortes : silence imposé, sororité, mémoire coloniale et identité. L’objectif est d’ouvrir des fenêtres sur des réalités invisibles et de décloisonner les esthétiques.
Tableau du programme principal
| Date | Spectacle | Artiste(s) |
|---|---|---|
| 8 avril | La Nuit se lève | Mélissa Zehner (cie Les Palpitantes) |
| 9 avril | Laissez-moi danser | Nadia Ghadanfar |
| 9 avril (soir) | Décoloniser le dancefloor | Habibitch |
| 11 avril | Voir clair avec Monique Wittig | Adèle Haenel & Caro Geryl |
| 14 avril | Épuiser le soleil | Héloïse Ravet |
| 18 avril | Beauty Salon | Kapi Kapinga Grab |
Insight : chaque performance devient un laboratoire d’idées où l’émotion se conjugue à la pensée pour interroger nos cadres sociaux.
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Art visuel et rencontres : la culture sous toutes ses formes
En marge des spectacles, Guerrières propose un ensemble d’expositions et de rencontres littéraires, soulignant le lien entre art visuel, écriture et engagement. L’espace galerie expose des œuvres de street artists féminines issues de la scène urbaine belge et internationale.
- Graffiti engagé : fresques participatives sur le thème de la sororité.
- Photographie documentaire : portraits de militantes urbaines par la photographe Alaïs Roussel.
- Installations sonores : témoignages d’artistes non-binaires enregistrés en studio mobile.
Les rencontres littéraires rassemblent autrices et chercheuses autour de thèmes comme féminisme intersectionnel, antiracisme et théorie queer. Des tables rondes offrent un espace d’échanges où le public peut interagir directement.
La parade “Les Guerrièr(e)s de demain” clôture souvent les journées d’exploration. Armé·e·s de pancartes et de costumes inspirés du streetwear, tou·te·s défilent dans les rues de Mons, réinventant le folklore local sous le prisme de l’inclusion.
Ces rendez-vous valorisent la culture visuelle comme outil d’émancipation. Insight : l’art devient ici un espace politique, où chaque coup de bombe ou cliché photographique construit un récit de résistance.
Impact social : de l’engagement à la transformation
Au-delà du spectacle, Guerrières élargit son influence dans la cité en impliquant les jeunes des quartiers populaires et les associations locales. Des ateliers street art, danse hip-hop et slam sont organisés en amont, invitant les participant·e·s à s’approprier leur voix.
Le festival s’inscrit dans un continuum d’actions pour l’égalité des sexes. Les panels de discussion abordent l’entrepreneuriat culturel, les labels indépendants et le rôle des médias urbains dans la diffusion de récits féministes.
Une étude de terrain menée en 2025 auprès de 200 participant·e·s a révélé que 78 % se sentent plus informé·e·s sur les enjeux LGBTQ+ et raciaux après avoir assisté à Guerrières. Ce chiffre illustre l’impact concret sur la sensibilisation et le renforcement du combat féministe.
La dimension inclusive se traduit également par l’accueil de spectacles accessibles (suivi LSF, tarifs réduits et dispositifs pour publics vulnérables). Ces initiatives renforcent la cohésion entre la culture urbaine et les luttes sociales.
Insight : en mobilisant la jeunesse urbaine, Guerrières crée un effet de levier pour transformer la société, prouvant que l’art engagé est un moteur de changement durable.
Comment réserver ses places pour Guerrières ?
Les réservations se font en ligne sur le site SurMars.be, avec des tarifs réduits pour les moins de 26 ans et les groupes. Des ventes sur place sont également possibles selon les places disponibles.
Quel est l’accès au festival pour les publics à mobilité réduite ?
Mars arts de la scène est entièrement accessible, avec des dispositifs d’accueil spécifiques : rampes, accompagnement en LSF et billetterie dédiée.
Y a-t-il des ateliers participatifs à destination des jeunes ?
Oui, des ateliers street art, slam et danse hip-hop sont proposés gratuitement pour les 15-25 ans en partenariat avec des associations locales.
Quelles sont les mesures sanitaires mises en place ?
Le festival respecte les normes locales en vigueur : jauges réduites, stations de gel hydroalcoolique et port du masque recommandé dans les espaces clos.
Où trouver le programme complet et les horaires ?
Le programme détaillé et les horaires sont disponibles sur le site https://surmars.be ainsi que sur les réseaux sociaux de Mars arts de la scène.


