Rhône : Le graffeur lyonnais Pec à l’honneur pour inaugurer le premier festival de street-art de L’Arbresle

À l’orée d’une première édition très attendue, le village de L’Arbresle se transforme en plaque tournante de l’art urbain régional. Du fin fond du Rhône, l’initiative « Au pied des murs », orchestrée par l’association l’Onomatopée et la MJC locale, convie habitants et passionnés à redécouvrir espaces ruraux et façades à travers la bombe de peinture. À la tête de cette dynamique, le graffeur lyonnais Pec s’apprête à inaugurer ce festival de street-art inédit, mettant en lumière un parcours de plus de trente ans d’engagement sur les murs de la métropole. L’événement, prévu samedi 23 mai, résonne déjà comme un manifeste pour la diffusion des expressions créatives hors des grands centres urbains. Alors que quatre murs d’expression libre ont été installés en 2025, cette édition d’essai se présente comme un véritable laboratoire pour la culture de rue dans un cadre champêtre.

Les murs de L’Arbresle, habituellement dévolus à l’écrin bucolique, vibreront sous les tags et les fresques. Ce festival se veut aussi pédagogique : ateliers de graff, beatmaking et scratching inviteront le public à mettre la main à la patte. Avec Pec comme tête d’affiche, la programmation promet des instants forts, où chaque variation chromatique signée du créateur du « Knar » témoigne de l’énergie créative de la culture urbaine locale. Véritable pont entre le monde rural et la scène lyonnaise, la manifestation ambitionne de faire rayonner l’inauguration de ce premier rendez-vous comme un jalon marquant pour le street-art dans le Rhône.

  • Un nouveau vent de street-art souffle sur L’Arbresle.
  • Pec en tête d’affiche pour graffer un mur de 9 m².
  • Ateliers gratuits : beatmaking, scratching, graffiti.
  • Quatre murs d’expression libre ouverts aux artistes.
  • Objectif : diffuser l’art urbain en zone rurale.

Les coulisses du festival « Au pied des murs » et l’essor de la culture urbaine en zone rurale

Depuis sa création en 2022, l’association l’Onomatopée a fait de L’Arbresle un terrain d’expérimentation pour le street-art en milieu rural. Initialement centrée sur des ateliers ponctuels, elle a su convaincre la mairie de débloquer quatre murs d’expression libre, offrant un support légal et pérenne à la scène locale. En 2025, ces surfaces ont accueilli des artistes confirmés et émergents, révélant un engouement public inattendu.

Le projet « Au pied des murs », coorganisé par la MJC, marque un saut qualitatif : passer d’animations sporadiques à un festival complet. Le choix de Pec comme invité d’honneur n’est pas anodin. Fort de son statut de graffeur lyonnais emblématique, il incarne le lien entre l’effervescence métropolitaine et le terroir. Son « Knar », ce canard coloré sillonnant ponts et périphériques depuis 1989, est devenu un symbole de la culture urbaine rhodanienne.

Le rôle stratégique de l’Onomatopée

Dans les bureaux de l’association, Fabrice Matray et ses camarades peaufinent chaque détail. De la logistique des fresques à la sensibilisation des riverains, tout vise à garantir une cohésion entre artistes et habitants. Des réunions de concertation ont permis de sélectionner les thèmes et emplacements en phase avec l’identité du village.

Impacts attendus sur le territoire

Au-delà de l’animation culturelle, ce festival cible un redéploiement touristique. Les élus misent sur une attractivité renouvelée, capable de générer retombées économiques pour les cafés et commerces. L’ancrage d’un événement urbain dans un décor champêtre crée un contraste visuel qui suscite curiosité et émulation.

En mobilisant ateliers pratiques et temps d’échange, « Au pied des murs » revendique aussi un objectif social : donner aux jeunes un accès concret aux métiers créatifs. Les sessions de beatmaking et de scratching formeront de futurs DJs, tandis que les bancs de peinture initieront à la technique du lettrage et de la bombarde.

Ainsi, cette première édition se propose comme une vitrine de l’inauguration d’une nouvelle ère pour le street-art en zone non urbaine. Elle ouvre la voie à une redéfinition des frontières entre rural et urbain, tout en offrant un terrain d’expression libéré et encadré.

Ancré dans un écosystème local dynamique, ce festival esquisse déjà son avenir. Reste à mesurer l’ampleur de l’adhésion populaire et la viabilité d’un modèle inspiré des grandes métropoles, mais décliné dans le cœur du Rhône. Cette édition test pourrait devenir, d’ici 2027, un rendez-vous immanquable pour tout amateur d’art de rue, désireux de vivre une expérience inédite au pied des murs.

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Pec, portrait d’un graffeur lyonnais pionnier et ambassadeur du Knar

Né en 1968 à Lyon, Stéphane “Pec” est l’un des vétérans du graffiti français. À l’époque où le hip-hop n’avait pas encore colonisé les ondes, il griffonnait ses premières esquisses dans le 9e arrondissement. Son style a évolué, passant du wildstyle new-yorkais aux oiseaux chatoyants signés du “Knar”, ce canard aux ailes géométriques qui parcourt aujourd’hui tous les quartiers de la Métropole.

Sa démarche artistique s’enracine dans la volonté de surprendre les passants. Chaque apparition du Knar sur un pont ou un mur autorise un dialogue visuel sur l’environnement, la mémoire collective ou la simple poésie citadine.

Évolution stylistique et projets internationaux

Durant les années 2000, Pec a multiplié les collaborations avec des galeries européennes, notamment pour l’exposition d’art urbain au Petit Palais à Paris, où ses toiles ont côtoyé des œuvres de JR et C215. Plus récemment, il a participé à un workshop à Londres inspiré par la statue de Banksy, proposition explorée dans cet article sur la statue de Banksy à Londres.

Son implantation lyonnaise reste néanmoins son terrain de jeu favori. Il est régulièrement sollicité pour des fresques commandées par OnlyLyon ou dans le cadre d’événements tels que le Grand Mix de Villeurbanne.

Au-delà du geste artistique, Pec se fait pédagogue. Dans ses ateliers, il enseigne la gestion de l’espace, la maîtrise de la bombe et l’harmonie des couleurs. La transmission de ce savoir-faire contribue à structurer une filière professionnelle autour du street-art, jusque-là trop informelle.

En invitant Pec à L’Arbresle, le festival renforce son ancrage local tout en revendiquant une ambition métropolitaine. Le graffeur incarne la convergence entre un art de rue historiquement urbain et un désir de diffusion plus large, jusque dans les villages du Rhône. Son engagement illustre comment un style inventé au cœur de Lyon peut se propager et transformer des espaces en galeries à ciel ouvert. Cette dimension pédagogique et symbolique fait de Pec un ambassadeur crédible pour cette inauguration, dont l’importance dépasse le simple spectacle visuel.

Son parcours, jalonné de toiles, de ponts investis et d’ateliers, illustre la vitalité du street-art français et offre un modèle pour les jeunes talents rêvant de bombes et de créativité. Dans son sillage, le Knar poursuit son vol, prêt à égayer de nouvelles infrastructures municipales et à marquer l’histoire du festival.

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Scénographie urbaine à L’Arbresle : enjeux esthétiques et retombées

Transformer un village en scène de street-art implique une réflexion poussée sur l’intégration des œuvres dans le paysage. À L’Arbresle, l’association l’Onomatopée a planifié un parcours artistique s’étalant sur cinq emplacements clés : le parvis de la MJC, la place des Anciens Combattants, le mur longeant la rue Montgolfier, la façade de la salle des fêtes et le pont enjambant l’Arbresle. Chaque site a été sélectionné pour sa visibilité et son potentiel narratif.

Un travail préalable de diagnostic patrimonial a permis d’éviter les fresques sur des bâtisses classées. Des réunions citoyennes ont invité les habitants à choisir les thématiques (environnement, mémoire ouvrière, lien générationnel). Cette co-conception garantit l’adhésion et limite les risques de dégradation.

Site Surface (m²) Artiste principal Thématique
Parvis MJC 12 Pec Symbole du Knar et biodiversité
Place des Anciens Combattants 8 Mlle Martin Hommage historique
Rue Montgolfier 15 Duao Portraits de riverains
Façade salle des fêtes 9 Clem One Renouveau urbain
Pont de l’Arbresle 10 Yseult Flux et mouvement

Cette scénographie tisse un récit visuel où chaque mur dialogue avec l’autre. Elle invite les visiteurs à un parcours déambulatoire, ponctué de codes QR renvoyant à des interviews et making-of des artistes.

Le festival mise également sur la médiation : des étudiants en design graphique proposeront des visites guidées, tandis que des ateliers de conception 3D permettront d’explorer numériquement les projets avant réalisation. Cette hybridation entre analogique et numérique reflète la tendance actuelle de l’art urbain, déjà notable dans des expositions comme celle sur le kawaii à Kaldea (Exposition Kawaii Kaldea).

En termes de retombées, les premiers retours des commerçants sont encourageants. Anticipant un afflux de visiteurs, plusieurs enseignes locales ont élaboré des menus spéciaux et des goodies streetwear inspirés par le Knar et les graphismes du festival.

Pour la collectivité, l’événement est un test grandeur nature. Si l’essai est concluant, la commune envisage d’étendre l’opération chaque printemps, en associant d’autres villages séduits par le modèle. L’objectif ? Faire de L’Arbresle et de son festival un pôle d’attraction incontournable pour les amateurs de culture urbaine et d’art urbain dans le Rhône.

Le prochain défi sera de mesurer l’impact sur la notoriété du territoire et d’évaluer l’influence sur la création d’emplois artistiques et touristiques. L’entrée en lice de la petite commune au palmarès des destinations street-art pourrait bien faire école.

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Ateliers et performances : vivre le street-art de l’intérieur

Le festival ne se résume pas à l’observation passive des fresques : il propose un programme riche d’ateliers et de performances interactives. Tout l’après-midi du 23 mai, open call est lancé aux créateurs confirmés comme aux néophytes.

Sessions de graff et initiation

Quatre murs d’expression libre resteront ouverts à tous. Encadrées par des graffeurs professionnels, notamment Duao et Clem One, ces sessions offrent une immersion totale. Les participants apprennent à choisir leurs capsules, à contrôler la pression et à jouer avec les pochoirs. Des kits de démarrage sont fournis gratuitement.

Beatmaking et scratching

Dans un espace sonorisé, des ateliers de beatmaking initieront au sampling et à la composition de rythmes urbains. Les plus aguerris pourront s’essayer au scratching sur platines vinyles, guidés par DJ Nox. Cette synergie entre image et son reflète l’ADN du hip-hop, ancrant l’événement dans une tradition culturelle vivante.

Parallèlement, des performances live rythmeront les temps forts : battle de danse urbaine, démonstrations de skateboard inspirées par la culture DIY, et un corner photo pour immortaliser les œuvres éphémères.

  • Initiation graff (4 murs ouverts).
  • Atelier beatmaking et scratching.
  • Battle de danse et démos skateboard.
  • Stand de culture streetwear (sneakers et textiles).
  • Rencontres avec des collectifs locaux et nationaux.

Le village se mue en crew géant, invitant chacun à devenir acteur plutôt que simple spectateur. Cette posture participative est un levier pour créer du lien social et donner une image dynamique du monde rural. L’expérience collective se conclut par une restitution des œuvres photographiées et filmées, qui seront publiées ultérieurement sur le site de la MJC et les réseaux de l’Onomatopée.

En bouleversant les usages et en abolissant la frontière entre créateur et public, l’événement ouvre une boîte à idées pour de futures initiatives. Le modèle pourrait inspirer d’autres communes du Rhône désireuses d’innover dans l’art urbain.

La transmission, plus que jamais, est au cœur de la démarche. Les jeunes repartent avec une boîte à outils créative, prêts à réinvestir leur quartier et à perpétuer l’esprit DIY du graffiti. Cette expérience immersive reste le plus bel héritage de cette journée.

Perspectives et impact durable sur la culture urbaine du Rhône

Si l’édition 2026 d’« Au pied des murs » marque un premier coup d’éclat, c’est la pérennité du projet qui retiendra l’attention. En réussissant ce tour de force, L’Arbresle pose les bases d’un festival de référence dans le paysage street-art régional.

Vers une fédération des villages street-art

Le succès annoncé pourrait donner naissance à un réseau de communes affiliées, partageant méthodes et ressources. Un label « Village street-art du Rhône » verrait le jour, garantissant un cahier des charges artistique et éthique. Cette démarche favoriserait la montée en compétences d’associations locales, tout en attirant mécènes et subventions culturelles.

Écosystème économique et emploi

Au-delà de l’image, ce festival contribue à créer un véritable écosystème : hébergements, restauration, merchandising et animations. Des jeunes artistes se professionnalisent, des structures (galeries, ateliers, écoles de graffiti) voient le jour, et les partenaires économiques s’engagent plus largement.

Le modèle d’« Au pied des murs » s’inscrit dans une logique durable, où la valorisation du patrimoine bâti et la création contemporaine cohabitent. À terme, une plateforme numérique pourrait recenser tous les projets, offrant une vitrine permanente pour la scène urbaine locale.

Dans le Rhône, l’initiative ne passe pas inaperçue. Tandis que Lyon multiplie les événements autour du street-art, villages et petites villes explorent désormais cette filière culturelle dynamique. L’Arbresle, pionnière, pourrait servir d’exemple à suivre.

Enfin, l’écho médiatique obtenu, via des articles et reportages (dont Street-art dans les bibliothèques explore déjà l’usage des livres comme toiles), renforce la visibilité de l’événement et de ses acteurs. Cette vitrine ouvre des passerelles avec d’autres festivals, de Gouesnach à Paris, permettant un échange de pratiques et d’artistes.

Le défi pour 2027 sera de consolider les liens entre rural et urbain, sans diluer l’identité singulière de chacun. Mais pour l’heure, Pec et l’Onomatopée offrent un premier aperçu prometteur d’un avenir où la bombe et la campagne ne font plus qu’un, réinventant la carte culturelle du Rhône.

Qui est l’organisateur du festival Au pied des murs ?

Le festival est coorganisé par l’association l’Onomatopée et la MJC de L’Arbresle, avec le soutien de la mairie.

Pourquoi Pec a-t-il été choisi comme invité d’honneur ?

Pec est un graffeur lyonnais pionnier, créateur du « Knar », dont l’expérience et la renommée incarnent parfaitement le lien entre l’art urbain métropolitain et rural.

Comment participer aux ateliers de graffiti et de beatmaking ?

Les ateliers sont gratuits et ouverts à tous. Il suffit de s’inscrire sur place le jour du festival pour accéder aux sessions encadrées par des professionnels.

Quels sont les objectifs à long terme du festival ?

À terme, le festival vise à créer un réseau de villages street-art dans le Rhône, favoriser l’économie locale et structurer un écosystème durable autour de la culture urbaine en zone rurale.

Où trouver les informations et visuels des œuvres réalisées ?

Après le festival, les photos et vidéos des fresques seront disponibles sur le site de la MJC, ceux de l’Onomatopée et les réseaux sociaux des artistes.

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