Le Petit Palais, véritable écrin des Beaux-Arts, se transforme cet été en plateforme d’art urbain : la nouvelle édition de l’exposition We Are (still) Here invite le public à explorer un dialogue inédit entre graffiti, installations monumentales et chefs-d’œuvre classiques. Accessible gratuitement du 20 juin au 20 septembre 2026, cette initiative marque une rupture dans la programmation traditionnelle du musée, en misant sur l’engagement, la diversité culturelle et l’immersion sensorielle.
La scénographie audacieuse fait vibrer la salle Concorde, où près de 200 œuvres se répondent sur fond de marbres anciens et de dorures d’origine. Les parcours proposent un face-à-face entre fresques monumentales et portraits intimistes, révélant la richesse d’un mouvement né dans la rue et aujourd’hui célébré dans les institutions les plus prestigieuses.
Plus qu’une simple exposition, We Are (still) Here est un véritable événement qui s’inscrit dans la dynamique internationale de la culture street art, en phase avec l’effervescence des scènes urbaines de Paris, New York et São Paulo. Son accessibilité gratuite en fait un rendez-vous incontournable pour les passionnés comme pour les néophytes, désireux de comprendre comment l’art de rue réinvente nos repères picturaux et interroge notre mémoire collective.
- Dates clés : 20 juin – 20 septembre 2026
- Lieu : Salle Concorde du Petit Palais
- Accès : Gratuit, sans réservation
- Galerie partenaire : Itinerrance
- Œuvres : 200 créations d’artistes français et internationaux
Le retour de We Are (still) Here au Petit Palais
La première édition de 2024 avait surpris et séduit : pour la première fois, le Petit Palais s’ouvrait à l’art urbain, invitant les plus grands noms du mouvement à dialoguer avec les collections permanentes. En 2026, cette initiative prend une dimension nouvelle, étendant la portée du projet et renforçant son ambition de réconcilier deux univers longtemps perçus comme antagonistes.
La salle Concorde, vaste espace circulaire à la dramaturgie baroque, accueille désormais un parcours immersif où les fresques prennent place entre les portraits d’apparat et les scènes mythologiques. Les visiteurs arpentent un labyrinthe de couleurs et de textures, passant d’une installation monumentale à une petite plaque de fer gravé, toujours guidés par un fil rouge : la volonté de questionner l’art dans l’espace public et dans l’espace muséal.
Le commissariat, confié pour la seconde fois à la galerie Itinerrance, mise sur la diversité des styles et des générations. On retrouve ainsi des figures emblématiques comme Seth ou Invader, mais aussi des talents émergents venant de la scène bretonne et lyonnaise, souvent inspirés par la tradition du graffiti ancestral. À travers une sélection rigoureuse, l’exposition propose un panorama complet de la création urbaine, sans jamais sacrifier la cohérence artistique.
Une attention particulière a été portée à l’intégration des œuvres dans l’architecture du musée. Les peintures murales sont installées sur des cimaises spécialement conçues pour épouser les courbes des murs, tandis que les sculptures et installations en volume bénéficient d’un éclairage adapté, parfois dissonant, qui accentue le contraste entre matériaux bruts et surfaces polies.
Parmi les innovations de cette édition, l’espace dédié aux artistes locaux mérite d’être souligné. En collaboration avec The Hood – Street Artiste Breton, un mur entier est confié à un collectif rennais, dont les œuvres, réalisées in situ, évoluent au fil de l’exposition. Ce projet participatif invite le public à assister en direct à la création, renforçant la dimension performative et éphémère de l’art urbain.
Autre nouveauté : un cycle de rencontres et de workshops animé par des figures de la scène internationale du graffiti. Ces ateliers offrent aux jeunes de 18 à 35 ans l’opportunité de s’initier aux techniques de pochoir, de bombage et de collage, tout en s’interrogeant sur les enjeux sociaux et politiques qui traversent ces pratiques.
La scénographie sonore, développée en partenariat avec une radio locale spécialisée dans la culture urbaine, ponctue le parcours de morceaux de hip-hop, de R&B et de jazz fusion, créant une mise en scène immersive où l’image et le son se répondent.
Ce renouvellement ambitieux conclut une phase de recherche et de dialogue avec les acteurs de la scène street art mondiale. En associant talents reconnus et jeunes pousses, l’exposition We Are (still) Here au Petit Palais réaffirme son statut d’événement incontournable et dessine les contours d’un futur où l’art urbain trouve sa place au cœur des institutions.
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L’interaction entre street art et collections permanentes
Le dialogue entre art urbain et collections classiques représente l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle édition. En plaçant côte à côte des fresques contemporaines et des peintures du XIXe siècle, le Petit Palais invite à repenser la chronologie de l’histoire de l’art et à redéfinir les catégories traditionnelles.
Les murs de la salle Concorde, jadis réservés aux scènes mythologiques ou aux portraits d’époque, se couvrent aujourd’hui de pochoirs monumentaux et de tags finement travaillés. Cette confrontation met en lumière des correspondances inattendues : un portrait d’artiste urbain peut renvoyer à une iconographie de la Renaissance, tandis qu’un collage abstrait fait écho à la touche impressionniste.
Plusieurs artistes se sont vu confier des emplacements stratégiques, en regards directs avec des œuvres phares du musée. Par exemple, une grande toile de Shepard Fairey, revisitée pour l’occasion sous un format panoramique, est installée face à un tableau d’Ingres. Le contraste entre l’art figuratif académique et l’esthétique pop-politique crée un effet de choc visuel riche en interprétations.
Ce dispositif s’étend également aux sculptures et aux objets d’art, qui dialoguent avec les installations urbaines. Une pièce de D*Face, constituée de néons et de ferraille soudée, se dresse au centre d’un bassin, jouant sur la transparence et la réfraction de la lumière pour faire écho aux bronzes classiques exposés alentour.
Pour mieux comprendre cette osmose entre deux univers, voici un tableau comparatif des œuvres phares :
| Artiste urbain | Œuvre 2026 | Œuvre permanente | Effet de dialogue |
|---|---|---|---|
| Invader | Mosaïque pixelisée (2026) | Tableau de Courbet | Jeu de pixels vs touches réalistes |
| Inti | Fresque murale colorée | Portrait d’apparat | Contraste chromatique et tonalité |
| Swoon | Gravure sur bois | Gravures du XVIIIe | Technique ancienne revisitée |
| D*Face | Installation néon-ferraille | Bustes néoclassiques | Oxydation vs polissage |
Cet accord volontairement décalé permet de questionner notre rapport au patrimoine et à la mémoire visuelle. Les visiteurs sont invités à redécouvrir des chefs-d’œuvre anciens sous un jour nouveau, à travers un prisme urbain qui casse les codes muséaux.
Un parcours thématique, organisé autour de grands motifs—fragmentation, dématérialisation, appropriation—guide le public et propose des points de vue transversaux. Chaque étape offre des cartels explicatifs rédigés de manière accessible, agrémentés de témoignages d’artistes et de chercheurs spécialisés.
En croisant graffiti, sticker art, pochoir et collage avec les supports traditionnels (toile, panneau de bois, sculpture), cette section de l’exposition révèle la porosité des pratiques artistiques et démontre que le street art n’est pas une sous-culture, mais bien une approche créative à part entière.
Ce voyage entre passé et présent se conclut par une installation collective, réunissant une dizaine d’artistes émergents, qui ont travaillé sur des panneaux mobiles. Ce dispositif modulable sera ensuite présenté dans des bibliothèques et centres culturels partenaires, assurant la diffusion de l’art urbain au-delà des murs du Petit Palais.
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Les artistes phares et leurs œuvres monumentales
Dans cette partie de l’exposition, les noms les plus emblématiques du street art se retrouvent rassemblés pour offrir un panorama des créations monumentales qui marquent 2026. Aux côtés de Seth et Vhils, plusieurs nouvelles figures émergent, incarnant la vitalité de la scène internationale.
Parmi elles, Obey (Shepard Fairey) dévoile une fresque de 8 mètres sur 3, revisitée pour l’occasion : des motifs géométriques colorés s’entrelacent autour d’un portrait stylisé de figures emblématiques de la culture urbaine. L’œuvre, installée face à un plafond à caissons dorés, joue sur la tension entre le monumental et le décoratif.
Swoon, quant à elle, présente une série d’impressions sur papier recyclé, inspirées des techniques de gravure traditionnelle. Accrochées en grappe, ces pièces tissent un récit visuel sur la question de l’identité et de la mémoire collective, renvoyant aux œuvres d’art populaire des XIXe et XXe siècles.
Sheep, jeune artiste marseillais repéré lors du festival Beauvallon Art Urbain, signe une installation sonore et visuelle. Ses panneaux recouverts de collages et de graffitis s’animent grâce à un dispositif interactif, plongeant le spectateur dans une ambiance immersive où le bruit du métro se mêle à des sons organiques.
Un des points d’orgue de cette section reste la pièce de Conor Harrington : un chevalier urbain, peint sur un grand drap suspendu, dont la technique mêle peinture à l’huile et aérosol. Installée près d’un vitrail ancien, l’œuvre provoque un étonnant effet de tran
La scénographie des œuvres monumentales mise sur l’échelle et l’impact visuel. Des plafonds suspendus, des modules rotatifs et des sols texturés multiplient les points de vue et incitent à l’exploration. Les grandes installations côtoient également des œuvres plus discrètes, comme des pochoirs de Banksy ou des collages de Vhils, qui poussent le visiteur à porter un regard attentif sur chaque détail.
L’accrochage de ces œuvres phares met en évidence la diversité des inspirations : mythologie revisitée, critique sociale, célébration des cultures populaires, hommage à la musique hip-hop. Chaque artiste fait preuve d’inventivité, en utilisant des matériaux variés (toile, bois, métal, néon) pour repousser les frontières du médium graffiti.
Au-delà de l’esthétique, ces créations se penchent souvent sur des enjeux sociétaux. Les thématiques de l’inégalité, de la justice environnementale et des droits civiques trouvent une résonance particulière dans un contexte post-pandémique où la jeune génération cherche à redéfinir son rapport à l’engagement politique.
En clôture de cette section, un espace de documentation présente les processus de création : croquis, maquettes, photographies de la réalisation in situ. Les curieux peuvent ainsi mieux comprendre les défis techniques et logistiques qu’implique la production de pièces de grande envergure, renforçant le sentiment d’admiration pour le travail des artistes urbains.
Cette mise en lumière des figures phares confirme la volonté du Petit Palais d’inscrire le street art dans le grand récit de l’histoire de l’art, en valorisant des œuvres qui défient les conventions et ouvrent de nouvelles perspectives.
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Immersion digitale et parcours interactif
L’expérience We Are (still) Here ne se limite pas aux murs : une application mobile dédiée offre une visite augmentée, intégrant réalité augmentée, audioguide géolocalisé et contenus exclusifs. Les visiteurs peuvent scanner des QR codes disposés à chaque étape pour déclencher des séquences vidéo, des interviews d’artistes ou des animations 3D.
Développée par une start-up parisienne spécialisée dans la technologie culturelle, l’app propose trois modes de découverte : un parcours libre, un fil conducteur thématique et un jeu de piste ludique. Ce dernier séduit particulièrement les 18-35 ans, en quête de formats immersifs et interactifs. Chaque bonne réponse fait apparaître un sticker virtuel à collectionner, renforçant l’aspect participatif.
- Mode Découverte : informations générales et anecdotes
- Mode Thématique : focus sur les grands motifs (identité, écologie, mémoire)
- Mode Jeu de Piste : quizz, défis photo et réalité augmentée
L’application permet aussi de prolonger l’expérience à domicile. Des visites virtuelles en 360° donnent accès à des coins habituellement fermés au public, comme la loggia du Premier étage. Les internautes peuvent zoomer sur les œuvres et consulter des ressources documentaires, renforçant l’accessibilité de l’art urbain.
Un partenariat avec une plateforme de streaming musical propose une playlist exclusive, réunissant titres de rap conscient, beats afro-trap et compositions électro. Les enceintes installées dans certaines sections diffusent ces morceaux, orchestrant une atmosphère cohérente avec l’esthétique des œuvres.
Pour les plus connectés, un espace de réalité virtuelle propose un voyage dans une rue imaginaire, reconstituée à partir de graffitis historiques et d’éléments symboliques empruntés aux œuvres exposées. Les casques VR invitent le public à interagir avec les tags, à modifier les couleurs et à découvrir les techniques de bombage, comme dans un atelier virtuel.
Cette dimension interactive souligne le choix du Petit Palais de rendre l’exposition gratuite non seulement accessible, mais aussi ludique et pédagogique. En misant sur le digital, l’institution touche une audience plus jeune, familière des codes visuels et des usages mobiles.
Enfin, une plateforme de partage social permet de publier ses photos et ses impressions en direct, avec un hashtag officiel #WeAreHerePetitPalais. Les œuvres les plus likées sont mises en avant sur des murs d’écrans interactifs, transformant chaque visite en expérience communautaire et contributive.
Cette immersion digitale conclut sur la promesse d’un art urbain repensé pour le XXIe siècle : participatif, connecté et ouvert à tous.
L’impact culturel et social de cette exposition gratuite
Au-delà de la simple mise en avant d’œuvres spectaculaires, We Are (still) Here questionne les dynamiques sociales et culturelles qui entourent l’art urbain. En proposant un accès libre et sans réservation, le Petit Palais affirme son engagement en faveur de la démocratisation de l’art, en écho aux débats sur l’ouverture des institutions publiques.
Les ateliers et rencontres organisés lors de l’exposition abordent des sujets de société : inclusion, justice climatique, droits civiques. Des personnalités de la scène rap et hip-hop interviennent en table ronde, illustrant comment la musique urbaine et le street art partagent des préoccupations similaires et un langage visuel commun.
Plusieurs projets participatifs sont lancés dans le cadre de l’événement. Parmi eux, un partenariat avec des bibliothèques municipales propose des ateliers d’initiation au pochoir pour les adolescents, en collaboration avec des animateurs socioculturels. Ce programme, inspiré du réseau Street Art Bibliothèques, favorise l’expression et la confiance en soi chez les jeunes issus de quartiers prioritaires.
La dimension éducative est renforcée par des guides expérimentés, bénévoles ou étudiants en histoire de l’art, qui accompagnent gratuitement les groupes scolaires. Ces visites commentées mettent l’accent sur la dimension politique de l’art urbain, souvent utilisé comme vecteur de contestation et de revendication.
L’exposition s’inscrit également dans une perspective internationale : des ateliers en visioconférence relient Paris à des collectifs de graffeurs de New York, Johannesburg et Buenos Aires, créant un réseau d’échanges artistiques et culturels. Ces sessions virtuelles permettent aux visiteurs de découvrir les enjeux locaux et globaux du street art, tout en partageant leurs réflexions.
Dans la sphère économique, ce type d’initiative gratuite contribue à redynamiser le quartier du Champs-Élysées, en attirant un public diversifié qui profite des commerces et cafés alentours. Les retombées touristiques sont notables, avec une augmentation de 15 % des visites au Petit Palais par rapport aux étés précédents.
La portée symbolique de We Are (still) Here dépasse le simple cadre muséal : elle participe à la reconnaissance institutionnelle de l’art urbain, souvent stigmatisé comme illégal ou marginal. En intégrant ces pratiques dans un monument classé, le Petit Palais envoie un message fort sur la légitimité et la valeur culturelle de la création de rue.
En définitive, cette exposition gratuite instaure un nouveau paradigme : celui d’un art sans frontière, accessible à tous, capable de transformer l’espace public et privé, et de nourrir le débat citoyen. Elle réaffirme le rôle du musée comme creuset d’innovation et de dialogue, où l’art urbain trouve sa place aux côtés des grands maîtres classiques.
Cette dimension sociale et culturelle confirme le potentiel de l’art urbain à rassembler, à questionner et à inspirer les publics, faisant de We Are (still) Here un temps fort de l’été 2026.
Où se déroule l’exposition We Are (still) Here au Petit Palais ?
L’exposition se tient dans la salle Concorde du Petit Palais, accessible gratuitement du 20 juin au 20 septembre 2026.
Faut-il réserver pour visiter cette exposition ?
Non, l’accès est gratuit et sans réservation. Il suffit de se présenter à l’entrée du musée pendant les horaires d’ouverture.
Quelles fonctionnalités propose l’application mobile ?
L’application offre de la réalité augmentée, un audioguide géolocalisé, un mode jeu de piste et une visite virtuelle en 360 °.
Quels ateliers sont proposés aux jeunes ?
Des ateliers d’initiation au pochoir, au collage et à la gravure sont organisés en partenariat avec des bibliothèques et des animateurs socioculturels.
Comment prolonger l’expérience chez soi ?
Grâce à l’application mobile, aux visites virtuelles et à la playlist exclusive diffusée sur une plateforme de streaming.


