Star du ballet néoclassique et contemporain, Pascal Molat incarne le talent français qui s’est imposé au cœur du San Francisco Ballet. De ses débuts sur les terrains de football montpelliérains à son rôle de mentor, son parcours illustre un engagement total pour la danse classique et le ballet moderne. Entre performance sur scène et transmission, il dessine un trait d’union entre la France et la baie californienne, offrant un véritable rayonnement international à la French Touch chorégraphique.
En bref :
- De Montpellier à San Francisco : une trajectoire inattendue.
- Plus de 150 chorégraphies au répertoire du SF Ballet.
- Une pédagogie innovante axée sur le “critical thinking”.
- Ambassadeur actif de la culture française dans la Bay Area.
- Intégration réussie de la French Touch dans la formation pro.
- Sessions publiques et workshops pour le grand public.
- 100% de réussite de ses trainees dans des compagnies pro.
Naissance d’un destin : du foot à la scène de danse
Rien ne prédestinait l’enfant de Montpellier à devenir un artiste international du ballet. Passionné de football sous la houlette de Laurent Blanc, il gravit deux catégories d’âge en un temps record, sacrifiant le plaisir simple du ballon entre amis. Le socle compétitif se fissure dès qu’il croise la chorégraphie de Michael Jackson sur VHS. Fasciné, il imite chaque mouvement de Thriller, jusqu’à improviser devant un public conquis lors d’une fête scolaire. Cette liberté naturelle attire l’attention d’Anne-Marie Porras, directrice de l’école où sa mère suit des cours de jazz. En quelques mois, Pascal Molat est admis à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, à seulement douze ans.
Au sein de l’institution, il enchaîne les rôles majeurs en première division, jusqu’à la fracture de la rotule qui compromet son admission au corps de ballet à dix-huit ans. L’échec brutal déclenche une métamorphose complète. De retour à Montpellier, il reconstruit sa technique et décroche la médaille d’or au Concours méditerranéen international. S’ensuit une odyssée artistique : Liège, Anvers, Monte-Carlo, au sein du Royal Ballet des Flandres puis des Ballets de Monte-Carlo dirigés par Jean-Christophe Maillot. À chaque étape, sa présence scénique convainc directeurs et chorégraphes de l’intégrer à leur répertoire.
- Montpellier : découverte de la danse et premiers concours.
- Opéra de Paris : formation classique et premiers succès.
- Monte-Carlo : exploration du contemporain sous Maillot.
- Liège et Anvers : consolidation de la polyvalence.
- San Francisco : percée internationale.
Le tableau ci-dessous retrace les grandes étapes de ce parcours :
| Année | Compagnie / Étape |
|---|---|
| 1996 | École de Danse de l’Opéra de Paris |
| 2001 | Concours méditerranéen – Médaille d’or |
| 2002 | Recrutement au San Francisco Ballet |
| 2003 | Nomination principal dancer |
| 2016 | Retraite et début de carrière pédagogique |
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Carrière au San Francisco Ballet : l’âme d’un spectacle
Engagé en 2002 sous la direction d’Helgi Tomasson, Pascal Molat se distingue dès ses débuts par sa capacité à fusionner tradition et modernité. Nommé principal dancer six mois après son arrivée, il devient rapidement un pilier du San Francisco Ballet. Plus de cent cinquante œuvres passent entre ses mains — des créations de Jiří Kylián, Wayne McGregor, Alexei Ratmansky ou William Forsythe. Chacun de ses rôles, qu’il s’agisse de Mercutio ou de pièces contemporaines, témoigne de cette conviction : “If you don’t convey a story, c’est juste des pas pour des pas.”
Sa virtuosité n’a d’égale que son sens du drame. Dans The Tosca Project confié par Carey Perloff, il interprète douze personnages, mêlant théâtre et danse. Cette performance hybride révèle un danseur complet, capable de tenir l’attention du public tant par l’expression que par la technique. En 2016, il prend sa retraite sur scène à 43 ans, un âge symbolique pour ce champion de la longévité. “Mission accomplie” résume-t-il en levant le poing lors de ses adieux.
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Pédagogie et transmission : l’école Molat
Depuis dix ans, Pascal Molat dirige le Trainee Program du SF Ballet, ultime tremplin avant le monde professionnel. Son taux de placement de 100 % dans des compagnies atteste de l’efficacité de sa méthode. Contrairement à l’approche silencieuse et autoritaire de l’Opéra de Paris, il privilégie le dialogue, l’humour et le questionnement. Chaque cours devient un terrain d’échange où l’élève développe son “critical thinking”.
Il puise ses références dans le sport ou la cuisine pour illustrer la coordination et le tempo. Avant chaque leçon, il incite ses élèves à adopter la “pose de Superman” — vingt secondes de sourire forcé pour stimuler dopamine et sérotonine. Au-delà de la technique, il cultive la résilience, la curiosité et la présence « ici et maintenant ». Sa plus grande fierté ? Que ses stagiaires comprennent que “failure is your best friend” et que la danse se vit autant dans l’esprit que dans le corps.
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Ambassadeur culturel : entre Bay Area et France
Sur et en dehors des scènes, Pascal Molat porte fièrement la culture hexagonale. Présent aux French American Cultural Days, à la Nuit des Idées du Consulat, il organise des pop-up barre workshops dans la baie. Ces initiations grand public créent un lien unique : profanes et initiés partagent l’effort et découvrent la difficulté du premier plié. Certains reviennent assister à un ballet avec un regard transformé, renforçant le rayonnement international du talent français.
Sa conviction : défendre la terminologie française du ballet pour préserver l’âme de cet art. Il refuse d’américaniser son accent, qu’il juge “charmant” et partie intégrante de son identité. Par ces actions, il participe à des événements variés, du Dax Festival Têtes en l’air aux rencontres organisées par Rolling Stone France, toujours au service du dialogue entre scènes urbaines et académies.
Philosophie et héritage : la French Touch revisitée
L’héritage le plus précieux de Pascal Molat dépasse la performance : c’est une vision de la danse comme art vivant, accessible et en constante évolution. Il prône l’allure plutôt que l’effet, la simplicité plutôt que l’esbroufe. Pour lui, chaque mouvement doit naître de l’intérieur, reflétant une authenticité rare.
Dans un monde où la scène se digitalise, il rappelle que rien ne remplace la présence physique, le partage d’énergie entre l’artiste et le public. Son message aux jeunes danseurs ? “Rien n’est écrit : plantez les bonnes graines, cultivez la patience et la passion, et le spectacle naîtra.”
Quel a été le rôle fétiche de Pascal Molat ?
Mercutio, qu’il a interprété dans quatre compagnies différentes, reste le rôle emblématique qui reflète sa polyvalence et son sens du drame.
Comment fonctionne sa méthode pédagogique ?
Il mise sur le dialogue, l’humour et le critical thinking, encourageant l’analyse active plutôt que l’exécution mécanique des mouvements.
Quel est son bilan au Trainee Program du SF Ballet ?
100 % de placement de ses élèves dans des compagnies professionnelles, dont un accès direct au San Francisco Ballet pour six stagiaires cette saison.
Pourquoi insiste-t-il sur la terminologie française ?
Pour défendre la culture du ballet tel que né en France, en préservant l’authenticité et l’histoire de cette discipline.
Quel conseil donne-t-il aux jeunes danseurs ?
De considérer l’échec comme un allié, de cultiver la patience et la passion, et de travailler l’allure avant tout.


